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PPV 2026 : Prime de Partage de la Valeur, plafonds et exonérations

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Prime de Partage de la Valeur (PPV) 2026 : règles, plafonds et exonérations

Héritière de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat (PEPA), plus connue sous le nom de « prime Macron », la Prime de Partage de la Valeur (PPV) est devenue un dispositif pérenne depuis la loi du 16 août 2022. En 2026, elle reste l'un des outils les plus souples à la disposition des employeurs pour récompenser leurs salariés, avec à la clé une exonération de cotisations sociales jusqu'à 3 000 € par salarié et par an — voire 6 000 € dans les entreprises ayant mis en place un accord d'intéressement ou de participation.

L'année 2026 est aussi une année charnière : le régime fiscal dérogatoire applicable aux salariés des entreprises de moins de 50 salariés rémunérés à moins de 3 SMIC arrive à échéance le 31 décembre 2026. Au-delà, la PPV restera versable mais perdra son exonération d'impôt sur le revenu. Voici le guide complet pour comprendre, mettre en place et déclarer la PPV en 2026.

Qu'est-ce que la Prime de Partage de la Valeur ?

La PPV est une prime que l'employeur peut verser de manière facultative à ses salariés, sans conditions liées à la performance ou au résultat de l'entreprise. Pérennisée par la loi du 16 août 2022 sur la protection du pouvoir d'achat, elle succède à la PEPA dite « prime Macron » créée en 2018. Trois caractéristiques en font un outil prisé des entreprises :

  • Facultative : aucune obligation pour l'employeur de la verser. Elle peut être ponctuelle ou récurrente, à la discrétion de l'entreprise.
  • Souple : versable en une, deux, trois ou quatre fractions sur l'année, son montant peut varier d'un salarié à l'autre selon des critères objectifs.
  • Exonérée : dans les plafonds fixés par la loi, elle échappe à l'essentiel des cotisations sociales — et même à l'impôt sur le revenu pour les salariés les plus modestes.

Sur le terrain, la PPV s'intègre généralement dans la politique globale de rémunération. Pour une vision d'ensemble, consultez notre article sur la construction d'un système de rémunération équilibré et motivant.

Plafonds 2026 : 3 000 € ou 6 000 € par salarié

Le montant maximum exonéré dépend de la situation de l'entreprise. Deux plafonds coexistent en 2026 :

Plafond standard : 3 000 € par bénéficiaire et par an

C'est le plafond applicable à toute entreprise versant la PPV, sans condition particulière de mise en place d'un autre dispositif de partage de la valeur. Dans cette limite, la prime est exonérée de cotisations sociales patronales et salariales (sécurité sociale, assurance chômage, retraite complémentaire).

Plafond majoré : 6 000 € par bénéficiaire et par an

Ce plafond doublé s'applique aux entreprises qui ont mis en place :

  • Un accord d'intéressement, pour les entreprises de toute taille.
  • Un accord de participation volontaire, pour les entreprises de moins de 50 salariés non soumises à l'obligation de participation.
  • Un dispositif spécifique pour les associations et fondations, ESAT et structures similaires (conditions particulières).

Ce mécanisme vise à encourager les entreprises à généraliser les dispositifs collectifs de partage de la valeur en parallèle de la PPV ponctuelle.

 

6 000 €

Plafond annuel d'exonération PPV par salarié si accord d'intéressement ou de participation

 

Quelles exonérations sociales et fiscales en 2026 ?

L'attractivité de la PPV repose sur un régime social et fiscal très favorable, mais ce régime varie selon la taille de l'entreprise et le niveau de rémunération du salarié.

Exonérations sociales (toutes entreprises)

Quel que soit l'effectif de l'entreprise et le niveau de rémunération du salarié, dans la limite des plafonds (3 000 € ou 6 000 €), la PPV est exonérée :

  • Des cotisations sociales patronales (sécurité sociale, assurance chômage, retraite complémentaire AGIRC-ARRCO).
  • Des cotisations sociales salariales (sécurité sociale, retraite complémentaire).
  • De la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) au taux global de 9,7 % — mais uniquement pour les salariés rémunérés à moins de 3 SMIC annuels dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Pour bien comprendre comment ces exonérations s'imbriquent avec le reste de la fiche de paie, notre article sur les charges sociales et la fiscalité qui impactent la paie détaille les mécanismes en jeu.

Exonération d'impôt sur le revenu : conditions cumulatives jusqu'au 31 décembre 2026

Le régime fiscal dérogatoire est plus restrictif. Pour que la PPV soit exonérée d'impôt sur le revenu, deux conditions doivent être réunies simultanément :

  • L'effectif de l'entreprise doit être inférieur à 50 salariés.
  • La rémunération annuelle du salarié bénéficiaire doit être inférieure à 3 fois le SMIC annuel (soit environ 65 620 € bruts en 2026).

Échéance fiscale 2026

Cette exonération d'impôt sur le revenu est strictement limitée dans le temps : elle prend fin le 31 décembre 2026. Pour les primes versées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, la PPV restera exonérée de cotisations sociales mais redeviendra soumise à l'impôt sur le revenu, même pour les salariés des petites entreprises. Les entreprises qui souhaitent en faire bénéficier leurs équipes ont donc tout intérêt à anticiper le calendrier de versement.

Tableau récapitulatif des exonérations 2026

Situation du salariéCotisations socialesImpôt sur le revenu
Entreprise <50 salariés ET rémunération <3 SMICExonéré (incl. CSG/CRDS) jusqu'au plafondExonéré jusqu'au 31/12/2026
Entreprise <50 salariés et rémunération ≥ 3 SMICExonéré sauf CSG/CRDS (9,7%)Soumis
Entreprise ≥ 50 salariés (toutes rémunérations)Exonéré sauf CSG/CRDS (9,7%) et forfait socialSoumis

 

Comment mettre en place la PPV ? Deux options

La loi prévoit deux modes de mise en place de la PPV, au choix de l'employeur :

Option 1 — L'accord d'entreprise

L'accord peut être conclu :

  • Avec les délégués syndicaux, dans les entreprises qui en disposent.
  • Avec le CSE par accord majoritaire.
  • Par référendum aux 2/3 des salariés (ratification d'un projet d'accord présenté par l'employeur).

Cette voie est plus protectrice juridiquement et facilite le dialogue social. Elle est néanmoins plus longue à mettre en œuvre.

Option 2 — La décision unilatérale de l'employeur (DUE)

C'est l'option la plus rapide et la plus utilisée en pratique. Mais attention : avant adoption, l'employeur doit obligatoirement consulter le CSE lorsqu'il en existe un, en application des articles L. 2312-14 à L. 2312-16 du Code du travail. L'avis du CSE est consultatif : un avis négatif ne bloque pas la décision de l'employeur, mais l'oubli de cette consultation peut fragiliser juridiquement la DUE.

Pour mémoire, les élus du CSE peuvent solliciter une formation sur leurs nouvelles missions, notamment liées à la RSE et au partage de la valeur, afin de mieux exercer leur rôle consultatif sur ce type de dispositif.

Modulation du montant : critères autorisés et interdits

Le montant de la PPV peut être identique pour tous les salariés ou varier d'un salarié à l'autre. Mais la modulation n'est possible que selon des critères limitativement énumérés par la loi.

Les 5 critères autorisés

  1. La rémunération du salarié
  2. Le niveau de classification
  3. L'ancienneté dans l'entreprise
  4. La durée de présence effective pendant l'année écoulée (les congés liés à la maternité, paternité, adoption ou parentalité sont considérés comme du temps de présence effective)
  5. La durée de travail prévue au contrat (temps plein / temps partiel)

Critères interdits

L'employeur ne peut pas moduler la PPV en fonction de critères tels que la performance individuelle, l'évaluation annuelle, l'âge, le sexe, l'appartenance syndicale ou tout critère discriminant au sens du Code du travail. Ces critères entraîneraient la perte des exonérations.

Déclaration DSN : le code CTP 510

Au moment de la paie, la PPV doit être identifiée dans la Déclaration Sociale Nominative (DSN) avec le code type de personnel (CTP) 510. Le montant est versé sur le bulletin de paie sous une ligne spécifique « Prime de partage de la valeur », sans cotisations sociales (dans la limite du plafond).

Concrètement, l'intégration de la PPV dans la chaîne de paie requiert un paramétrage précis du logiciel de paie : code CTP 510, mention sur le bulletin, ventilation des cotisations. Pour les services paie qui souhaitent monter en compétences sur ces sujets, notre article Formation aux logiciels de paie : gagner en autonomie et fiabilité RH détaille les enjeux. Et pour aller plus loin sur la maîtrise du métier, voir aussi Monter en expertise sur la paie : perfectionnement et spécialisation.

Risques et points de vigilance pour l'employeur

La PPV est un dispositif favorable, mais l'URSSAF est très vigilante sur certains points. Trois risques principaux à surveiller :

1. La règle de non-substitution

La PPV ne peut en aucun cas se substituer à un élément de rémunération versé par l'employeur ou à des augmentations de salaire prévues par accord. Si l'URSSAF estime qu'il y a substitution, elle redresse l'entreprise sur l'ensemble des cotisations exonérées.

2. Le caractère collectif

Tous les salariés titulaires d'un contrat de travail en cours à la date fixée par l'accord ou la DUE doivent bénéficier de la PPV (sauf exclusion fondée sur les critères de modulation autorisés). Exclure arbitrairement certains salariés expose au redressement.

3. Le respect du cadre légal

Critères de modulation, consultation du CSE, déclaration DSN, plafonds par salarié : chaque étape doit être documentée. Comme pour toute obligation employeur en paie, l'enjeu de conformité réglementaire est central. Un audit annuel des pratiques permet de détecter les zones de risque avant un contrôle URSSAF.

Mettre en place la PPV : checklist en 6 étapes

  1. Décider du mode de mise en place (accord d'entreprise ou DUE) et du calendrier de versement.
  2. Définir le montant total à verser et les critères de modulation éventuels parmi les 5 autorisés.
  3. Si DUE : consulter le CSE en amont, dans les conditions de droit commun (articles L. 2312-14 à L. 2312-16).
  4. Formaliser la décision (accord signé et déposé sur la plateforme TéléAccords, ou écrit unilatéral de l'employeur).
  5. Paramétrer la paie : ligne spécifique sur le bulletin, code CTP 510 en DSN.
  6. Communiquer aux salariés sur le dispositif et conserver tous les justificatifs en cas de contrôle URSSAF.

 

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Conseil pratique

La PPV reste un excellent outil de fidélisation, mais les dossiers redressés par l'URSSAF reviennent souvent sur un même motif : la confusion entre PPV et prime de performance ou 13e mois supprimé. Le réflexe à avoir : tracer ce qui existait dans la politique de rémunération avant la PPV et s'assurer qu'on AJOUTE et qu'on ne REMPLACE pas. Autre point fréquent : oublier de consulter le CSE quand on choisit la DUE. C'est rapide, ça ne bloque rien, mais c'est obligatoire.

Questions fréquentes sur la PPV 2026

La PPV est-elle obligatoire pour l'employeur ?

Non. Le versement de la PPV est totalement facultatif. Aucune entreprise n'est obligée de la mettre en place, et celle qui l'a versée une année n'est pas tenue de la reconduire.

Tous les salariés doivent-ils en bénéficier ?

Oui, le caractère collectif est obligatoire. La PPV doit bénéficier à l'ensemble des salariés titulaires d'un contrat de travail à la date fixée par l'employeur, sauf si l'exclusion repose sur l'un des critères de modulation autorisés (rémunération supérieure à un plafond, par exemple).

Peut-on verser plusieurs PPV dans la même année ?

Oui. La PPV peut être fractionnée en quatre versements maximum par année civile, à condition que le total reste dans la limite annuelle de 3 000 € ou 6 000 € par salarié.

La PPV remplace-t-elle l'intéressement ou la participation ?

Non, les dispositifs sont cumulables. La PPV est même plus avantageuse fiscalement (plafond porté à 6 000 €) lorsqu'elle est versée dans une entreprise ayant déjà mis en place un accord d'intéressement ou de participation.

Faut-il consulter le CSE avant de verser une PPV ?

Oui, lorsque l'employeur opte pour une décision unilatérale (DUE) et que l'entreprise est dotée d'un CSE. La consultation est obligatoire avant adoption, en application des articles L. 2312-14 à L. 2312-16 du Code du travail. L'avis du CSE est consultatif.

Que se passe-t-il après le 31 décembre 2026 ?

La PPV restera versable et exonérée de cotisations sociales dans les mêmes conditions, mais le régime fiscal dérogatoire (exonération d'impôt sur le revenu pour les salariés <3 SMIC dans les entreprises <50 salariés) prendra fin. La PPV sera soumise à l'impôt sur le revenu pour tous les bénéficiaires à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, sauf prorogation par une nouvelle loi.

PPV 2026 : un outil à activer avant la fin d'année

À 7 mois de l'échéance fiscale du 31 décembre 2026, la PPV reste un dispositif de partage de la valeur particulièrement attractif pour les TPE et PME dont les salariés sont rémunérés à moins de 3 SMIC. Pour les entreprises qui ne l'ont pas encore activée, le calendrier permet encore de mettre en place la prime cette année avec le double bénéfice — exonération sociale ET fiscale.

Côté pratique, la mise en œuvre repose sur la qualité du paramétrage paie, la consultation correcte du CSE et la documentation des choix de l'employeur. Formasuite forme depuis plus de 20 ans les gestionnaires de paie, RH et dirigeants à la maîtrise de ces dispositifs. Découvrez nos formations dédiées : Paie, RH, Management.

Pour aller plus loin

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